L’Esprit-Saint, l’informaticien de la Trinité

Pentecôte !

La grande fête annuelle de l’Esprit Saint, quand même la plus méconnue des trois personnes de la Trinité. Le Père, on voit à peu près, il faut bien que Dieu soit, a minima, revêtu d’une autorité, avec ou sans barbe… Le fils, encore mieux : étant entré dans notre monde, il porte un nom d’homme, on a vu des tableaux, des films ou des séries, il est d’emblée dans notre champ de vision et nous est assez proche pour que la relation avec lui soit presque naturelle.

Mais l’Esprit Saint ? Malgré le déploiement imagé des colombes ici et des langues de feu là pour le figurer un peu…on ne voit hélas pas toujours aussi bien ! Certes, depuis quelques décennies, dans la catéchèse et la prédication de l’Église, un peu plus « pentecôtiste », on a quand même progressé !

On le comprend mieux : l’Esprit Saint, un peu comme le désir, invisible sinon dans ses fruits, qui circule entre le Père et le Fils et déborde jusqu’à nous. Heureux débordement que ce « baiser du Père au Fils », comme disait poétiquement Saint Bernard. Et à l’heure des ondes, du bluetooth et des fréquences hertziennes, en faisant un petit effort, on conçoit bien que la grâce divine, qui n’a pas vocation à se cantonner ni au Ciel, ni dans les tabernacles, puisse se diffuser dans le monde sur un mode invisible de quasi-« connexion wifi » ou de télé-diffusion divine.

L’Esprit Saint, c’est un peu l’informaticien du trio, celui qui est chargé des connexions ! C’est lui en effet qui nous connecte ! Il nous connecte à La Trinité, dans laquelle depuis l’Ascension du Christ (qui est bien plus qu’un simple retour au Ciel !), nous sommes, par l’incarnation historique d’une des personnes de la Trinité, tous nécessairement et mystérieusement réintroduits ! Car Dieu pourrait-il être vraiment l’Amour s’il était solitaire ? Notre Dieu est « multi-faces ». L’esprit Saint nous apprend ainsi que la Trinité, à la communion de laquelle nous sommes vraiment appelés, c’est d’abord un milieu ambiant, c’est un lieu de vie, c’est de l’amour en acte, en fusion, sans confusion. Avec Dieu-Trinité, on n’est ainsi jamais appelé à « venir la barre », mais à « entrer dans un écosystème ». Et dans l’écosystème même de l’amour ! Ainsi, Dieu ne passe-t-il pas son temps embusqué dans un mirador céleste d’où il nous surveille… Il nous appelle à l’échange, constitutif de son être même. Car, en amour, le Dieu -Trinité, lui, est au large, et c’est l’Esprit Saint qui en écho nous met aussi au large. Pour la mission précisément, il nous donne du champ. Être « catholique », n’est-ce pas cela en vérité : être au large, aimer le large. « Duc in altum, avance en eaux profondes, avance au large ! » demandait Jésus à Pierre, (Lc 5,4), et aussi Jean Paul II à l’Église, en ouverture du millénaire. Mais qui sinon L’esprit Saint nous apprend à aimer le large ? Qui nous apprend à ne pas en avoir peur… Car évangile et confinement ne vont guère de concert.

En cette belle fête de Pentecôte, comme une grande bouffée d’air vivifiant, recevons donc L’Esprit-Saint, et à pleins poumons. C’est le vent du large ! Pour la grande navigation de nos vies et de ce que nous avons chacun à y faire d’unique et d’irremplaçable, hissons la grand-voile ! Et soyons sûrs que c’est L’Esprit-Saint qui toujours nous donnera le large !

Patrick Laudet, diacre

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