Éditorial du Dimanche 31 Mai : « Une vie trinitaire »
De l’Avent à la Pentecôte, le cycle liturgique a fêté des événements liés à la personne du Christ. Après la Pentecôte, nous entrons à nouveau dans le temps ordinaire, mais des fêtes théologiques ont été rajoutées dans les dimanches qui suivent : la Sainte Trinité et le Saint-Sacrement. La fête de la Sainte Trinité ne fut introduite dans la liturgie que par le pape Jean XXII, en 1334. Elle est donc relativement récente.
Le plus ancien témoignage écrit que nous possédons sur le Dieu Trinité est la salutation aux fidèles rédigée par l’apôtre Paul, à la fin de la 2ème épître aux Corinthiens : « Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous » (2ème lecture de la fête). A chaque personne divine est attaché un cadeau divin en direction de Dieu et des humains.
Jésus Christ est celui qui nous donne la grâce. C’est par lui que les bienfaits venant de Dieu nous atteignent, à commencer par les paroles du prophète de Nazareth, ses actions, et l’écoute dont il a donné preuve, tout cela relaté dans les évangiles. Pour en bénéficier, il nous revient d’acquérir une grande familiarité avec ces textes.
Le Père est celui qui nous donne l’amour. La création est une œuvre d’amour. Dieu a créé du non-Dieu de façon totalement gratuite. Il aime ses créatures d’un amour totalement désintéressé. Pour en bénéficier, il nous revient de lui donner de notre temps, afin d’avoir avec lui une véritable intimité, et d’essayer d’aimer nos frères humains comme lui-même les aime. Sur ce dernier point, rassurons-nous : nous ne pouvons que nous en approcher ; nous n’y parviendrons jamais !
Le Saint-Esprit est celui qui nous donne la communion : la communion au sein de notre personne, pour éviter toute dispersion et tout éclatement ; la communion entre les croyants, au sein de l’Eglise universelle ; la communion avec la création tout entière. Pour en bénéficier, il nous revient de prendre des moments de méditation, de nous mettre au service de l’Eglise, et d’honorer respectueusement les beautés de notre Maison commune.
C’est ainsi toute la vie évangélique qui est trinitaire. En la faisant sienne, le chrétien devient un membre actif de cette « magnifique humanité » que le pape Léon XIV met en valeur dans sa toute récente encyclique.
P. Michel Quesnel