Un peu d’histoire…
La basilique Saint‑Bonaventure trouve ses racines au début du XIIIᵉ siècle, lorsque des moines franciscains, appelés Cordeliers, s’installent sur la Presqu’île lyonnaise grâce à un terrain donné par le sénéchal de Grolée. Une première église est édifiée pour leur couvent. C’est en ce lieu que le cardinal Bonaventure de Bagnoregio meurt en 1274, lors du deuxième Concile de Lyon, ce qui marquera profondément l’histoire spirituelle du site.
Pour accueillir une communauté et des pèlerins plus nombreux, un nouvel édifice est construit entre 1325 et 1327, orienté vers le sud, ce qui est inhabituel pour une église médiévale. Il est consacré en 1328 sous le nom de Saint‑François d’Assise puis agrandi au XVᵉ siècle et dédié à saint Bonaventure, qui avait été canonisé et qui est devenu le principal saint associé à l’église.
L’édifice connaît de nombreux bouleversements historiques : endommagé pendant les guerres de religion au XVIᵉ siècle, il est transformé en grange ou entrepôt à la Révolution française et rendu au culte au début du XIXᵉ siècle. À partir de cette période, plusieurs campagnes de restauration architecturale et artistique redonnent vie à l’église.
Inscrite aux Monuments historiques en 1927, l’église devient un sanctuaire urbain puis, à la suite d’une demande du cardinal Barbarin, elle reçoit en 2019 le titre de basilique mineure accordé par le pape François, marquant son importance spirituelle et patrimoniale dans la vie de l’Église à Lyon.
Aujourd’hui, au cœur de la Presqu’île, la basilique Saint‑Bonaventure demeure un lieu de culte actif, un espace culturel vivant avec concerts et expositions, et un témoin précieux de l’histoire religieuse et urbaine lyonnaise.
Deux caractéristiques de l’église Saint-Bonaventure méritent d’être soulignées
La première est la qualité de l’art qui s’y déploie. Elle n’a pas l’ampleur de la primatiale ou de Saint-Nizier, mais les tableaux, les statues, le décor sculpté, les tapisseries, les vitraux, beaucoup de ces objets sont des œuvres d’art d’une très grande qualité. Souvent, on est tellement habitué à les voir qu’on les remarque à peine, et c’est bien dommage. Car, depuis le XIVe siècle jusqu’à nos jours, de grands artistes ont fait appel à tout leur talent et à toute leur foi pour exprimer, chacun à sa manière et selon sa technique, la gloire de Dieu.
La seconde est encore plus ignorée : c’est le rôle considérable que joua l’église Saint-Bonaventure dans la vie lyonnaise depuis sa construction. Les franciscains qui la bâtirent sur le tombeau de saint Bonaventure lui-même, mort à Lyon en 1274, étaient très proches des gens du peuple. Très spontanément, ils accueillirent dans leur église les artisans et les travailleurs de la Capitale des Gaules.
Chaque corporation voulut alors venir y prier. Savez-vous, par exemple, que l’église ne comportait au départ que la nef centrale et les deux bas-côtés ? Les chapelles latérales, qui donnent aujourd’hui au bâtiment toute son ampleur, n’existaient pas. Ce sont les corps de métier, les tailleurs de drap, les teinturiers, les bouchers, les bateliers, les taverniers et tant d’autres qui, chacun à son tour, firent construire des chapelles dédiées à leurs saints patrons. On y célébrait des messes pour les défunts de la corporation ; et petit à petit, des chapelles s’ajoutant à d’autres, on aboutit au bel édifice que nous connaissons, qui semble avoir eu cinq nefs dès l’origine. Mais ce n’était pas du tout le cas ; il n’en avait que trois !
Ouvrage sur la Basilique
Vous souhaitez en savoir plus sur l’histoire de la basilique ?
Venez vous procurer le livre « L’église Saint-Bonaventure au cœur de la vie lyonnaise », paru le 18 novembre 2016 aux Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire. Cet ouvrage de référence, préfacé par le cardinal Philippe Barbarin, a été réalisé sous la direction du père Michel Quesnel, avec la collaboration de nombreux universitaires.
Il est en vente dans les librairies et au sanctuaire Saint-Bonaventure, au prix de 20 euros.