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Éditorial du Dimanche 23 Février 2025

La miséricorde

 

La miséricorde est le thème des textes scripturaires de ce dimanche et fait partie de la tradition juive et chrétienne. Chacun à leur manière, il nous livre des éléments pour réfléchir à l’invitation que Jésus nous lance, qui est une exigence importante, voire redoutable : ‘Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux’. Comment pouvons-nous être miséricordieux comme Dieu dans une société où, chaque jour, nous voyons la violence et la mort l’emporter ? Comment pouvons-nous être miséricordieux alors que, dans notre pays, des jeunes sont tués par des actes de violence aveugles, brisant pour toujours des vies et des familles ? Comment pouvons-nous être miséricordieux dans un monde où de nombreux chrétiens sont martyrisés et sont le plus exposés partout sur notre planète comme le disent de manière générale les médias ? Comment pouvons-nous être miséricordieux alors que la paix n’arrive pas à s’établir et que des vies ne semblent pas beaucoup compter pour des hommes assoiffés de pouvoir ni pour des hommes baignant dans le terrorisme, que de soit à l’Est, en Afrique, au Moyen-Orient, ou dans de nombreux autres pays ? Nous pourrions être tentés de désespérer devant toute cette barbarie à visage humain. Et pourtant, Jésus ne cesse de nous rappeler cette exigence de la miséricorde. L’Écriture nous livre des chemins de miséricorde. Tout d’abord, dans le livre de Samuel, nous voyons que David aurait pu tuer son adversaire Saül, qui avait été remis entre ses mains. David ne prit que quelques objets qui étaient à côté de lui, mais il préserva sa vie, car toute vie est plus précieuse que tout et il n’appartient à personne de se faire le maître de sa propre vie comme de celle de son frère. Car en chacun, il y a l’être spirituel, qui est image de Dieu et qui est donc infiniment précieux. C’est le Seigneur qui rendra à chacun selon sa justice et sa fidélité. Parfaite image du Père, Jésus a sans cesse fait miséricorde à toutes les personnes qui croisaient son chemin, ne les enfermant jamais dans le mal qu’elles avaient pu commettre, mais posant sur elles un regard d’amour qui leur permettait de percevoir la dignité qui était la leur et qui pouvait être enfouie sous le mal. A vue humaine, cela pourrait apparaître comme de la simple naïveté, mais à vue divine cela correspond à l’étymologie même du mot miséricorde : avoir un cœur ouvert à la misère de l’autre. Ecoutons et méditons ce que dit le Pape S. Léon le Grand dans une magnifique homélie pour Noël : « Réveille-toi, ô homme, et reconnais la dignité de ta nature ! Rappelle-toi que tu as été créé à l’image de Dieu. Si, en Adam, elle a été dégradée, dans le Christ elle a été restaurée. Use des créatures visibles, comme il faut en user, comme tu uses de la terre, de la mer, du ciel, de l’air, des sources et des fleuves. Tout ce qu’il y a en eux de beau et d’admirable, rapporte-le à la louange et à la gloire du Créateur ». Seul celui qui sait être raisonnable peut discerner les comportements ajustés à avoir, conformes à son humanité. Seul celui qui se laisse aimer par Dieu peut s’aimer tel qu’il est et aimer ses frères tels qu’ils sont. Seul le dialogue fraternel et respectueux permet de créer des liens de confiance. Seul le regard de compassion et d’amour peut totalement et définitivement désarmer l’agresseur et ouvrir la voie à l’espérance. Alors à chacun de nous de donner l’exemple de ce que Jésus nous commande pour que le monde commence à se transformer. Puisons dans la démarche jubilaire la force de la transformation et du témoignage !


François DUTHEL

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